Dénoncez les sauvages de votre rue

Solliciter le citoyen lambda pour recenser la biodiversité qui l’entoure, et décupler les données pour la recherche scientifique, c’est une idée qui a fait son chemin et de nouvelles déclinaisons sont mises en place chaque année. Après le succès de Spipoll l’année dernière, le programme Vigie Nature du Muséum National d’Histoire Naturelle lance “Sauvages de ma rue”.

16,000 photos d’insectes pollinisateurs ont été postées sur la plateforme internet du dispositif Spipoll pendant l’année 2010. Je détaillais son fonctionnement dans l’émission de RFI C’est pas du Vent au moment de son lancement.

Recenser la biodiversité à la porté de tous, même les citadins. Photo: Matthias Abhervé

Les premiers résultats du dispositif ont permit de faire des observations intéressantes sur la présence de certaines abeilles en milieu urbain et rural. Par exemple il y a moins de pollinisateurs en ville qu’à la campagne, mais l’abeille domestique (mellifère) est présente de la même manière dans les deux milieux. Grâce à une participation volontaire et un cadre bien établi pour que les informations soient utilisables, les scientifiques ont accès à des données précieuses. En ce qui concerne les abeilles, nous savons que  l’enjeu est de taille.

Spipoll arrive après de nombreuses initiatives qui recensent les papillons des jardins, les bourdons, les escargots, les oiseaux et même les coléoptères. Bref, il existe en France un réseau important de passionnés qui s’adonnent à cette activité avec assiduité.

Avec le lancement de son nouveau dispositif, Sauvages de ma rue, en partenariat avec Tela-botanica, Vigie Nature accroît son réseau mais en visant cette fois-ci les citadins, à commencer par les franciliens. À l’aide d’un guide publié à cet effet, il s’agit de répertorier la végétation en milieu urbain. Entre deux pavés, au pied d’un arbre, dans la fissure d’un mur…

L’objectif est multiple selon Nathalie Machon, professeur d’écologie au MNHN, à l’initiative du programme: «L’objectif est pédagogique et scientifique.  Pédagogique car il s’agit de reconnecter le citoyen à la biodiversité qui l’entoure. Scientifique car nous avons besoin de connaître l’état des lieux de cette flore, et de savoir si elle se porte mieux dans les villes qui laissent s’exprimer ce sauvage, ou dans celles qui entretiennent rigoureusement leurs espaces verts.»

Friches industrielles ou jardins à la française… l’initiative risque de bousculer bien des idées reçues et, peut-être, de réhabiliter la ‘mauvaise’ graine en milieu urbain.

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About Anna Moreau

Istanboul, Lille, Téhéran ou Pantin...chaque destination peut devenir un voyage, cela dépend juste de notre regard. Bon voyage sur Baladam!
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